Association TOURVILLE

Plongée au cœur du XVIIᵉ siècle

1692 : Bataille de La Hougue

Le 29 mai, la flotte de Tourville, composée de 44 vaisseaux, est au large de Barfleur afin d’embarquer à Saint Vaast La Hougue, l’infanterie destinée à passer en Angleterre avec Jacques II. La flotte Anglo-Hollandaise des Amiraux Russel et Van Almonde arrive avec 86 vaisseaux. Tourville, qui avait reçu des ordres stricts : « combattre l’ennemi fort ou faible et quoiqu’il put arriver... », engage le combat à un contre deux. Cette journée fait beaucoup d’honneur à Tourville qui utilise une tactique remarquable : un code de signaux révolutionnaire. Il fait de Barfleur l’une des plus éclatante victoire maritime du XVIIe siècle.
 Néanmoins, la flotte est très endommagée. Abandonnant le projet de débarquement en Angleterre, Tourville donne l’ordre d’appareiller pour rentrer à Brest. Une quinzaine de vaisseaux, dont le “Soleil Royal”, sont poursuivis par les anglais. Douze sont détruits à La Hougue.
L’amiral Tourville et ses hommes défendant ses vaisseaux à La Hougue

Les chantiers de construction

À partir de 1676, Colbert et Louis XIV dotent la France d'une véritable marine de guerre. Les arsenaux royaux sont situés à Le Havre, Brest, Lorient, Rochefort, Marseille, Toulon et Dunkerque. Des industries annexes sont développées en lien avec les chantiers de construction. La première préoccupation des arsenaux est de prévoir les approvisionnements en matière de “munitions navales”, c'est-à-dire en bois, chanvre, canons, cuivre, fer, goudron. La législation colbertienne sur les forêts régule l’exploitation de manière à fournir les résineux pour les mâts et les planches de chêne pour les coques. Une véritable industrie de guerre se met en place avec les forges, les fonderies et les corderies, dans les ports-arsenaux d’abord, puis de plus en plus loin à l’intérieur des terres. À Dunkerque, un grand bassin est aménagé pour recevoir trente vaisseaux de guerre, avec des écluses, un arsenal, une corderie, des casernes. Vingt-cinq vaisseaux y sont construits entre 1660 et 1707, tous de tonnage moyen à l’exception de trois qui avoisinent les mille tonneaux et soixante-dix canons.
Vue de l'arsenal de Toulon dans les années 1670